Edito

Jacques Arlandis, délégué général

 

2017, l’année des 4C

 

La 26ème édition du Festival Biarritz Amérique latine qui vient de s’achever, était placée sous la conjonction des 4C : Cinéma, Culture, Compétition et Colombie.

 

Les deux premiers C, Cinéma et Culture font la signature du Festival, ce qui le différencie des quelque 30 festivals de cinéma qui, en Europe, se focalisent sur l’Amérique Latine.

A Biarritz, Cinémas et Cultures sont en dialogue quasi permanent ; pour preuve ce magnifique hommage rendu cette année, à Violeta et Ángel Parra, hommage qui a vu alterner documentaires et respirations musicales et ce devant 700 personnes. Pour preuve également la table ronde consacrée à García Márquez-scénariste, où les rapports intimes entre écriture cinématographique et écriture littéraire ont été discutés devant 250 festivaliers attentifs.

 

Le troisième C est celui de Compétition qui à Biarritz s’écrit au pluriel. Plurielle la géographie des films en compétition qui nous ont fait voyager dans 17 pays du continent; plurielle, la trajectoire des cinéastes venus présentés leur film, du cinéaste en devenir (1/3 films en sélection était des premiers films)  à ceux dont le talent était confirmé par leurs oeuvres précédentes.

Des films forts, comme « La familia » du vénézuélien Gustavo Rondón Córdova qui a décroché l’Abrazo du meilleur film, et qui a permis à 800 jeunes de dialoguer avec le réalisateur ; comme « Mariana » de la réalisatrice chilienne Marcela Said, qui a reçu le prix du jury, comme « Chavela » formidable documentaire mexicain, plébiscité par le Public, comme encore le court métrage « Damiana » du colombien Andrés Ramírez Pulido.

Des films touchants, comme le documentaire primé par le Jury « Cine São Paulo » chronique d’un combat humaniste pour la renaissance d’une salle de cinéma, touchante encore, l’amitié au coeur du film «Últimos días en La Habana» primé par le Public; sensible encore, le portrait social proposé par Jorge Thielen Armand, et son film « La soledad » primé par le Syndicat français de la critique de cinéma.

Des films dérangeants, comme le film de genre « As boas maneiras » histoire de loup garou sur fond de chronique sociale également récompensé, ou « Centauro» de l’argentin Nicolás Suárez, grand prix de la compétition court-métrage.

 

Enfin, le dernier C était celui de la Colombie, dont cinéma et culture étaient à l’honneur, en relation étroite avec l’évènement binational « l’année France-Colombie ». Une assistance très nombreuse à la fois dans les salles où près de 30  projections ont rassemblé plus de 3000 personnes; dans le Prisme, lieu d’exposition de la très belle chronique photographique le long du fleuve Magdalena de Nereo López et García Márquez; présence nombreuse dans les 4 forums proposés dont celui animé par l’IHEAL sur le processus de paix en Colombie et le remarquable débat autour de la grande figure littéraire de Juan Gabriel Vásquez, très disponible pour la satisfaction des 400 festivaliers présents.

 

Au total, car il y a bien une impression générale qui se dégage après 7 jours de projection, de festivité et de convivialité, une bonne édition 2017 que l’équipe du festival a eu plaisir à orchestrer, que nos invités ont eu plaisir à partager, et dans laquelle notre public a eu, je l’espère, plaisir à s’immerger.

 

Et comme tout événement éphémère, le Festival nous convie de lui-même à sa prochaine édition, la 27ème du nom, fin septembre 2018.