MERCREDI 30 SEPTEMBRE
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L'image du jour

 

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Ciné-concert de La Passion de Jeanne d’Arc de C T Dreyer
avec l’Orchestre Régional Bayonne / Côte Basque dirigé par Santiago Chotsourian.

 

Gracias al público, especialmente a Arturo Goetz quien orchestó la ovación de pie para el maestro.

 

 

Interview de Jaime Díaz Lavanchy

Réalisateur de La Revolución de los pingüínos

 

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« La conscience politique des étudiants est très forte, ils ont immédiatement compris le devoir de mémoire. »

 

Qui sont les « pinguïnos » du titre ?

Jaime Díaz Lavanchy : Au Chili, on appelle « pingouins » les lycéens, à cause de leur uniforme. En 2006, déçus par la mauvaise qualité de l’éducation publique, ces étudiants ont décidé de bloquer et occuper leur lycée suite aux manifestations qui n’ont pas abouti, car le ministère de l’éducation ne voulait pas dialoguer avec eux. Les lycéens ont donc décidé d’occuper leur établissement. Le mouvement a débuté avec quelques lycées avant de toucher l’intégralité des établissements de la capitale. Environ 1 million d’étudiants se sont mobilisés et près de 1000 lycées ont été occupés.


Ensuite, des négociations ont eu lieu entre les porte-parole des étudiants et le ministère de l’Éducation, notamment avec le président de la commission de l’éducation du Sénat.

 

Comment s’est passé le tournage ?

JDL : Le film a été tourné entre mai 2006 et décembre 2008. Les étudiants n’avaient aucune confiance en la presse chilienne : l’entrée dans les assemblées d’étudiants était interdite aux médias et journalistes. J’ai obtenu les autorisations des porte-parole des assemblées afin de filmer le mouvement.

 

Vous avez dû négocier avec les étudiants pour pouvoir les suivre durant tout le mouvement social ?

JDL : Je n’ai pas dû négocier mais plutôt les convaincre de réaliser un document indépendant, et constituer ainsi des archives à but historique. La condition était que les images ne soient pas exploitées durant un an afin d’éviter toute manipulation possible. La conscience politique des étudiants est très forte, ils ont immédiatement compris le devoir de mémoire. Le documentaire laisse apparaître la motivation des jeunes militants pour faire essaimer le mouvement vers d’autres militants (médecins, universitaires, écologistes) et créer une unité.

 

Cette unité s’est-elle conservée, la ressent-on encore dans la vie politique actuelle du Chili ?

JDL : Ils ont réussi à réunir près de 100 organisations sociales, regroupant ainsi des syndicats de la santé, les travailleurs du ministère de l’Éducation, les fonctionnaires, etc. Le collège des professeurs du Chili a mobilisé une grande partie de ses membres le jour de la grève nationale, le 5 juin 2006. Mais il y a eu beaucoup de répression, autant dans la rue le jour même qu’après le mouvement. Nombreux furent les étudiants mobilisés et actifs qui ont été menacés et même expulsés de leur lycée.

 

Le documentaire a déjà été présenté en Europe ?

JDL : Le film fut le lauréat du meilleur documentaire au festival international de documentaires de Santiago qui est le festival le plus important au Chili. Par
contre, c’est la première fois que le documentaire est diffusé en Europe.

 

 

Interview de Santiago Chotsourian

Compositeur et chef d’orchestre

 

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Comment le compositeur que vous êtes a rencontré le cinéma ?

Santiago Chotsourian : Il y a une grande tradition du cinéma français dans ma famille. Mon père travaillait pour la télévision et passait ses dimanches dans les salles de cinéma. En Argentine, le brassage des cultures est très intense. Des cinéastes comme C. T. Dreyer ou Bergman font partie de l’héritage culturel argentin.


L’an dernier, j’avais joué une partition pour un cinéconcert avec l’Orchestre Régional Bayonne. Cette année, La Passion de Jeanne d’Arc est un film qui touche autant à l’histoire de France, qu’à celle du monde : c’est un film universel !

 

 

Quelle a été votre approche d’un film qui a plus de 80 ans ?

SC : Nous avons travaillé sur la musique originale de 1928, dont une partition a été retrouvée à la Fondation Cinémathèque Argentine. Il se trouve que le film est presque plus moderne que la musique ! Celle-ci intervient dans une histoire pour exprimer, non plus la passion, mais la compassion du spectateur.

La musique permet d’accéder à une libération à la fois générale et personnelle. L’année prochaine nous fêterons le bicentenaire de la Révolution pour plusieurs pays d’Amérique latine et j’aimerai à cette occasion faire quelque chose d’inédit.

 

Interview de Iván Giroud Gárate

Iván Giroud Gárate, directeur du Festival de La Havane

 

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« Le cinéma latino-américain s’est défini par son action politique. »

 

L’an dernier, le Festival de La Havane fêtait ses 30 ans. Pouvez-vous nous parler de sa création ?

Iván Giroud Gárate : Le Festival de La Havane est né du besoin qu’ont éprouvé les réalisateurs latino-américains de se rencontrer. Le festival de Viña Del Mar existait dans les années 1960 mais le coup d’État de Pinochet a généré des changements. Il y a aussi eu une tentative à Caracas et on a finalement créé en 1979 le Festival de La Havane.

Beaucoup de choses ont été dites sur le cinéma cubain. C’est un cinéma engagé socialement et qui manifeste un malaise identitaire. Il y a eu les années de dictatures, les mouvements pour la libération… Le cinéma latino-américain s’est défini par son action politique.


Comment a évolué le festival au cours des années ?

IGG : Le festival a pris de l’importance, des écoles de cinéma sont apparues… L’ampleur du festival traduit la réalité du cinéma latino-américain, qui commence à trouver son identité.


Et le public cubain vous suit ?

IGG : Au début, le festival s’organisait autour d’une seule salle. Aujourd’hui, il y en a 22 dont certaines peuvent accueillir 1200 spectateurs. Un emi-million de personnes fréquentent ce festival, qui est très populaire.

 

Que pensez-vous de l’émergence du cinéma numérique ?

IGG : Je pense qu’il offre plus de chances à ceux qui n’auraient pas les moyens de faire du cinéma autrement. Le plus important est de pouvoir raconter des histoires.