MARDI 29 SEPTEMBRE
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L'image du jour

 

© Photomobile/2009

Les membres du Jury de l’édition 2009 avec Jean-Christophe Berjon, directeur artistique
de gauche à droite Philippe Harel, Lio, Emma de Caunes, Santiago Amigorena et Vincent Paul-Boncour

 

 

Interview de Enrique Buchichio et Martín Rodríguez

 

© Photomobile/2009

« C’est paradoxal de constater qu’il est plus difficile en Uruguay de voir des films latinoaméricains qu’ici à Biarritz. »

 

Enrique Buchichio
Réalisateur et acteur de El Cuarto de Leo
17h00 Gare du Midi

 

 

D’où vous est venue l’idée de El Cuarto de Leo ?

Enrique Buchichio : Ce qui m’intéressait c’était de raconter, de la façon la plus subjective et la plus personnelle possible, un processus d’acceptation de soi en lien avec l’identité sexuelle. J’ai voulu raconter l’histoire d’une personne en train de mûrir, devenant adulte dans une sexualité non conforme à la norme sociale.

 

Comment avez-vous vécu cette expérience de premier long métrage ?

E B : C’était une expérience intéressante car elle se basait sur le savant mélange d’une équipe expérimentée avec des débutants comme moi, ou encore le directeur de la photographie, Pedro Luque. De même parmi les acteurs, des acteurs confirmés comme Arturo Goetz
côtoyaient une génération jeune qui interprétait pour la première fois un rôle devant une caméra. Martín Rodríguez : Au début du projet, j’étais très anxieux. Mais le tournage s’est bien déroulé car nous avons pu prendre notre temps. Enrique m’a aidé à travailler mon personnage et m’a laissé beaucoup de liberté.

 

Votre film semble suivre un penchant actuel du cinéma argentin qui se rapproche de la sphère individuelle de l’intime…

E B : Je ne me suis inspiré de rien de spécial. Beaucoup de films sont basés sur des histoires personnelles, tant en Uruguay qu’en Argentine. Je ne me suis donc pas reposé sur une histoire en particulier. En tant que simple spectateur, j’ai pu constater que les premiers films uruguayens se sont imposés dans les années 980 et 1990 sur des thèmes constants. C’est dansce contexte que le cinéma uruguayen a commencé à émerger. Des réalisateurs ont alors ressenti le besoin d’expérimenter de nouvelles choses. Il était nécessaire pour le cinéma uruguayen de s’affirmer comme une industrie professionnelle. Il s’est donc inspiré d’influences extérieures.


Pour ma part, je ne me suis pas particulièrement inspiré du cinéma uruguayen qui sait d’ailleurs faire preuve d’une grande diversité, comme en témoignent les films Gigante d’Adrián Biniez et Mal día para pescar d’Alvaro Brechner, tous deux présentés dans le Festival.

 

Qu’attendez-vous du festival de Biarritz ?

E B : Être proche du public, rencontrer les autres cinéastes et voir des films qu’on ne peut pas voir en Uruguay. Il s’agit pour moi d’être immergé dans la culture latino-américaine. En effet, c’est paradoxal de constater qu’il est plus difficile en Uruguay de voir des films latino-américains qu’ici à Biarritz.


M R : Moi aussi, je suis là pour voir des films et rencontrer le public. Je trouve très enrichissant de profiter de la diversité culturelle où chacun apporte son propre regard autour d’un même film.

 

 

Interview de Juan Carlos Tabío

Réalisateur de El Cuerno de la abundacia

 

© Photomobile/2009

« L’art dépeint la réalité et lui renvoie sa propre image. »

Juan Carlos Tabío

 

Comment définir votre film ?

Même si je n’aime pas coller des étiquettes, je peux dire que c’est une comédie. Je pense que l’humour traduit une certaine réalité et peut amener le spectateur à réfléchir.

 

Est-il anodin de retrouver les deux protagonistes de Fresa y chocolate dans El Cuerno de la abundancia ?

Ce n’était pas volontaire mais c’est vrai qu’il existe un lien intertextuel, un jeu entre les deux films. L’art est un jeu, et la vie entière est un jeu.

 

La société cubaine a-t-elle évolué depuis Fresa y chocolate tourné en 1993 ?

Les choses n’ont pas vraiment changé. Les problèmes n’ont pas été résolus, et c’est un sujet que l’on peut aborder au cinéma, dans la littérature, ou au théâtre. L’art dépeint la réalité et lui renvoie sa propre image, il y a une interaction.

 

Comment voyez-vous l’avenir du cinéma cubain ?

Avec l’apparition du cinéma numérique, beaucoup de mauvais films sont produits et bénéficient du fonds de soutien cinématographique de l’ICAIC. La production de films s’est démocratisée, il n’y a plus besoin d’appareils coûteux et de laboratoires. Mais il existe tout de même des films intéressants non subventionnés qui sont projetés dans des festivals ou des cinémas.

 

Avez-vous d’autres projets ?

Non. Je ne veux plus faire de cinéma. Je suis fatigué, jeveux me reposer.