D’où vous est venue l’idée du scénario de Cinco días sin Nora ?
Elle est née de plusieurs éléments. L’histoire est issue de ma famille et plus particulièrement de mes grandsparents. Après la mort de ma grand-mère, les membres de ma famille ont commencé à se réconcilier. C’est à ce moment que j’ai pu savoir ce qui s’était passé. Ces éléments sont devenus la trame de ma fiction.
Que pensez-vous du festival ?
Je pense qu’assister à ce genre de festival offre l’opportunité d’accéder dignement aux systèmes de diffusion. C’est aussi une manière d’aborder un public que l’on ne pourrait pas rencontrer sans eux. J’apprécie ce public car il est très réceptif et c’est ce qu’on recherche en tant que réalisateurs. Et bien sûr, on cherche aussi à se faire connaître !
Avez-vous des projets cinématographiques ?
Je suis en train d’écrire deux scénarios : un projet personnel et une commande. Je m’efforce de m’appliquer car c’est un travail de longue haleine. J’ai aussi un projet de court métrage. Mais je préfère ne pas trop m’avancer par mes paroles sur mes projets à venir.
Interview de Felipe Casanova & Miguel Ángel Díaz Gonzalez
Réalisateurs de Pueblos unidos
« C’est pourquoi nous sommes ici : afin de dénoncer à l’étranger ce qui se passe là-bas. »
Miguel Ángel Díaz Gonzalez
Pouvez-vous nous présenter votre film ?
Felipe Casanova : Le film traite des problèmes environnementaux dans une communauté de Veracruz au Mexique. Une entreprise multinationale, productrice de viande de porc, s’y est installée et a fini par contaminer l’environnement avec la complicité du gouvernement. L’objectif pour les habitants est de dénoncer cette situation dans le respect du processus légal.
Miguel Ángel Díaz Gonzalez : Il y a beaucoup d’éléments qui laissent supposer un lien entre cette entrepriseet la grippe porcine. Mais nous n’avions pas connaissance de cette relation lorsque nous avons commencé ce documentaire en 2008. Les paysans ont eux-mêmes enregistré leur mouvement et leurs manifestations, ce qui nous a aidés à réaliser ce documentaire.
Ces informations ont-elles circulé dans les médias mexicains ?
M A D G : Il y a beaucoup de censure et les médias ne parlent donc pas de cette situation. C’est pourquoi nous sommes d’ailleurs ici : afin de dénoncer à l’étranger ce qui se passe là-bas.
Les choses ont changé depuis la surmédiatisation de la grippe porcine au niveau international ?
M A D G : En effet, car quelques journalistes nationaux et étrangers ont cherché à localiser quel était le premier cas de grippe porcine.
F C : Le grand problème est cette manie de certaines multinationales de s’installer dans un pays dit sous-développé pour en abuser.
Réaliser ce type de documentaire est-il dangereux ?
M A D G : Au début du tournage en 2008, j’ai moi même reçu des menaces de mort par téléphone. Nous sommes dans un pays où les disparitions sont fréquentes, surtout avec les narcotrafiquants. C’est donc très difficile de réaliser des documentaires de dénonciation sociale et surtout qui traite des grandes entreprises. Le danger concerne également les paysans au coeur de la protestation. Mais cela ne les intimide pas et leur lutte se poursuit. La production porcine intensive est évidemment un thème auquel chacun est sensible ces derniers temps. Ce n’est pas la première fois qu’il y a une épidémie à cause d’une surexploitation de l’élevage animal. Il faut donc rester vigilants.
Interview de Fernando Guzzoni, Ana Guevara & Daniel Ribeiro
Candidats aux 5èmes Rencontres Jeunes Réalisateurs
En quoi consistent pour vous ces Rencontres à Biarritz ?
Ana Guevara : Nous avons dû envoyer un dossier de présentation du film avec un synopsis, une note d’intention et ils nous ont également demandé un budget prévisionnel du film. Pendant la semaine, nous avons discuté de notre projet avec Jean-Christophe Berjon pour nous préparer à la présentation du samedi matin devant le jury.
Daniel Ribeiro : C’est intéressant de discuter avec des gens de pays du monde entier parce que nos histoires ont une dimension universelle. En échangeant avec le public, nous pouvons nous rendre compte si nos projets et leur problématique sont susceptibles de le toucher.
Parlez-nous un peu de votre projet…
A G : Tanta agua présente les relations d’une famille, un père divorcé avec ses enfants, pendant des vacances où il pleut beaucoup. J’ai voulu exprimer dans un style dramatique et mélancolique les difficultés à grandir.
Fernando Guzzoni : Mon histoire suit les pas d’un ancien tortionnaire sous le régime de Pinochet. J’ai voulu mettre en scène l’histoire humaine d’un personnage qui vit dans l’abandon et la perte des relations humaines.
D R : Mon histoire tourne autour d’un adolescent aveugle qui tombe amoureux pour la première fois et découvre ses sentiments.
Comment s’est passée la transition entre les courts et les longs métrages ?
A G : Faire des courts est un très bon exercice : quand on est étudiant, on veut tout filmer, faire des documentaires ou des films expérimentaux.
F G : J’ai fait deux courts métrages après avoir fait mon premier documentaire qui incluait une part fictionnelle. Je pense qu’il n’y a pas de chemin à suivre : il faut filmer les histoires qui nous plaisent.
D R : Dans les courts on ne peut pas vraiment développer les personnages, ou sinon seulement à travers des paroles ou des gestes. Alors que dans le long on a la liberté de s’arrêter sur eux et de développer plusieurs facettes.
Qu’est-ce que vous attendez d’un festival comme celui de Biarritz ?
F G : Beaucoup de vin… [rire général]. Les contacts sont primordiaux pour rencontrer les personnes que l’on n’a pas la possibilité de rencontrer de chez soi.