Rencontres de l'IHEAL

Un impérialisme séducteur ?  L’Amérique latine et les États-Unis

Rencontres de l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine 

  • Mardi 29 septembre 2020, Casino Municipal de Biarritz

 

Depuis le début du XIXe siècle, l’histoire de l’Amérique latine et des Caraïbes est indissociablement liée à celle des États-Unis. Dès 1823, la « doctrine Monroe » scelle les bases d’une destinée commune de part et d’autre du Rio Grande en proclamant « l’Amérique aux Américains ». Réinterprété au tournant des XIXe et XXe siècles, ce texte originel constitue le socle de l’interventionnisme récurrent de Washington au sud du Rio Bravo jusqu’à la fin de la Guerre froide, depuis la guerre hispano-américaine de 1898 qui conduit à la mise sous tutelle de Cuba pour plus de 60 ans jusqu’à l’enlèvement du général Noriega au Panama en 1989, en passant par l’occupation de nombreux pays centraméricains et caribéens dans les années 1910-1920 ou le soutien aux coups d’État de sécurité nationale des années 1960-1970. À cette hégémonie des États-Unis en Amérique Latine, tant politique qu’économique, fait pendant une américanisation culturelle qui semble parfois aller jusqu’à remettre en question les identités nationales et stimule un fort sentiment de «yankeephobie ».  

Les relations interaméricaines ne se réduisent cependant pas à l’impérialisme étatsunien et au portrait d’une Amérique latine en arrière-cour de Washington. en 1889-1890 et bien qu’instrumentalisé pendant la Guerre froide, le projet panaméricain a donné lieu à d’intenses coopérations qui ont connu leur âge d’or dans les années 1930-1940 et qui, dans une certaine mesure, s’incarnent aujourd’hui dans le processus d’intégration de l’ALENA. Incarnant une forme de modernité et l’espoir d’une vie meilleure, les États-Unis ont également constitué et constituent plus que jamais la première destination des migrations latino-américaines au point que les Latinos représentent désormais la première minorité du pays et pèsent de manière croissante dans sa vie politique et économique.  

Cette nouvelle édition des Rencontres de l’IHEAL vise donc à proposer un bilan historique des relations entre les États-Unis et l’Amérique latine, mais aussi à en évaluer l’état présent quelques semaines avant les élections présidentielles américaines où les Latinos, cibles privilégiées de Donald Trump depuis son accession à la Maison Blanche, pourront jouer un rôle majeur par leur vote. Car, si la tentation interventionniste de Washington n’a pas disparu avec la fin de la Guerre froide comme en témoignent de nombreux événements récents, la diversification des partenariats stratégiques des États latino-américains, avec la Chine notamment, a profondément reconfiguré les relations interaméricaines et distendu les liens de dépendance qui avaient été tissés au long du XXe siècle.

 

Organisation et animation : Olivier Compagnon (Université Sorbonne Nouvelle /IHEAL). 

Avec Virginie Baby-Collin (Aix-Marseille Université), Juliette Dumont (Université Sorbonne Nouvelle /IHEAL), Frédéric Louault (Université Libre de Bruxelles), Jean Mendelson (Ministère des Affaires étrangères), Stéphane Witkowski (Université Sorbonne Nouvelle /IHEAL)