FOCUS COLOMBIE - L'Effet génération

Présentation par Nicolas Azalbert, conseiller à la sélection

Le cinéma colombien en 8, 4, 2

L’année de la Colombie en France s’avère être une bonne occasion pour explorer plus en profondeur la richesse d’une cinématographie qui a non seulement donné lieu à l’émergence d’une nouvelle génération mais qui a vu aussi dernièrement se prolonger, de manière presque miraculeuse, l’oeuvre des deux grands cinéastes de son histoire : Víctor Gaviria et Luis Ospina. Alors que généralement les nouvelles vagues sont synonymes de rupture avec le passé, Oscar Ruíz Navia et Ciro Guerra revendiquent pleinement leur filiation. Pour la première fois, quelque chose qui ressemble à une continuité (pour ne pas parler de tradition) est en train de se produire dans le cinéma colombien. Pour autant, continuité ne rime pas avec imitation et si les Anciens reviennent, dans leur dernier film, à des temps révolus, les plus jeunes s’aventurent vers de nouveaux espaces, tant géographiques que formels (l’abandon progressif de la lutte armée ayant changé, dans tous les sens du terme, le paysage colombien). Cette proposition de mettre en vis-à-vis huit films, quatre cinéastes et deux générations n’a pour d’autre but que de nourrir un dialogue fructueux sur l’évolution du cinéma colombien. Il y sera question -entre autres- du passage de la fictionnalisation du documentaire à une approche documentaire de la fiction, du passage de l’urbain au rural ou encore du passage de la violence plein cadre à la violence hors champ.